Samson AH1/QV Manual do Utilizador Página 5

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  • MARCADORES
  • Avaliado. / 5. Com base em avaliações de clientes
Vista de página 4
ev
L'EPATANT
Marcel
Dunot,
dans
son
coin,
fit
une
grimace
joyeuse
et
mur-
l
mura
:
Attrape
ça
!
espèce
de
singe
!
Joseph
Honorât
insistait
:
Denise,
cependant,
vous
vous
marierez
quelque
jour
...
Je
n'y
pense
pas,
Joseph,
je
vous
l'assure
!
II
faut
au
contraire
y
penser,
Denise,
puisque
le
mariage
est
l'é'at
vous
devez
vivre.
Agacée,
la
jeune
fille,
qui
détestait
son
cousin
et
ne
redoutait
rien
tant
que
de
se
trouver
en
tête
à
tête
avec
lui,
s'emporta
:
Après
tout,
Joseph,
vous
m'énervez.
Je
n'ai
pas
besoin
de
vos
conseils
pour
me
conduire,
et
je
ne
comprends
pas
que
vous
teniez
à
toute
occasion
à
me
faire
répéter
que
vous
ne
me
plaisez
pas.
Enfin,
Denise
...
Joseph,
je
vous
le
dis
une
fois
pour
toutes
et
je
vous
prie
de
ne
plus
insister
!
Denise,
je
...
Assez
!
assez
!
Je
ne
vous
épouserai
jamais,
jamais
!
jamais
!
Mais
pourquoi?
Encore
!
Ah
!
c'est
trop
fort
!
vous
voulez
me
forcer
encore
à
vous
redire
...
Oui,
Denise,
je
veux,
j'ai
le
droit
d'avoir
une
explication.
Je
ne
vous
plais
pas
...
ça
n'est
pas
une
raison
...
ce
que
vous
me
devez,
c'est
de
me
dire
le
pourquoi
de
cette
aversion
inexplicable
...
Il
devait
s'être
approché
très
près
de
sa
cousine
et
la
regarder
droit
dans
les
yeux,
car
la
jeune
fille,
d'un
accent
dont
l'irritation
allait
grandissante,
lui
cria
comme
un
défi
:
"
Pourquoi?
Âh
!
vous
tenez
donc
tant
que
ça
à
ce
que
je
vous
le
dise?
Oui,
Denise,
quelles
que
soient
vos
raisons,
je
préfère
les
connaître.
•'.
Eh
bien,
mes
raisons
sont
que
je
vous
déteste,
Joseph
!
Je
vous'déteste
!
Denise
!
.
Vous
m'avez
forcée
à
vous
le
dire,
vous
devez
être
satisfait,
à
présent
...
Je
vous
déteste
parce
que
vous
êtes
méchant,
égoïste,
sans
pitié
pour
personne,
que
je
ne
vous
ai
jamais
vu
faire
un
geste
aimable
ou
généreux
et
que,
dans
l'affection
même
que
vous
dites
avoir
pour
moi,
je
ne
démêle
,que
les
mobiles
les
plus
bas
et
les
moins
avouables.
Et
maintenant,
c'est
fini,
vous
aurez
beau
faire
et
essayer
de
vous
reprendre,
je
ne
serai"
pas
la
dupe
d'une
feinte
bonté,
d'une
générosité
simulée
...
Je
vous
détesterai
davantage
encore
parce
que
je
ne
verrai
dans
votre
conduite
qu'une
odieuse
hypocrisie
alliée
à
votre
méchanceté
naturelle
...
J'espère
que
cette
explication
sera
la
dernière
et
que
vous
m'épargnerèz
enfin
à
l'ave-
nir
vos
protestations
et
vos
poursuites
...
Marcel
Dunot
qui,
monté
sur
une
chaise
devant
la
pendule,
ne
perdait
pas
un
mot
de
cet
intéressant
échange
de
vues,
buvait
du
petit-lait.
Eh
bien,
qu'est-ce
qu'il
prend,
le
frère
!
Il
fit
une
contorsion
comique
et
se
plaqua
les
deux
mains
sur
les
hanches.
Mais
dans
son
mouvement,
il
heurta
le
poids
du
balancier
qui
roula
sur
le
sol
avec
un
bruit
épouvantable.
Joseph
Honorât,
furieux,
bondit
en
vociférant
:
Quelqu'un
nous
écoute
!
Il
se
précipita
dans
le
cabinet
de
travail
au
moment
Marcel
Dunot
sautait
à
bas
de
sa
chaise
pour
ramasser
le
poids
du
balan-
cier.
-
Il
l'interpella
d'une
voix
exaspérée
:
Qu'est-ce
que
vous
faites
là,
vous?
Marcel
Dunot
se
redressa
sans
ramasser
le
bloc
de
cuivre
et
d'une
voix
tranquille,
il
déclara
:
Je
fais
mon
travail,
monsieur
le
directeur
!
Votre
travail
!
C'est
un
peu
fort
!
Votre
travail
est
à
l'usine
!
Vous
n'avez
pas
le
droit
d'être
ici.
Il
se
tourna
vers
Denise
et
lui
demanda
d'un
ton
rogue
:
Comment
se
fait-il
que
ce
garçon
soit
là?
Denise
s'empressa
de
défendre
le
jeune
ouvrier
:
C'est
papa
qui
l'a
fait
venir.
Joseph
Honorât
haussa
les
épaules
:
C'est
insensé
!
Votre
père
ne
doute
de
rien.
Est-ce
qu'il
les
connaît,
ses
ouvriers,
pour
les
faire
venir
ici,
dans
la
maison,
sans
surveillance?
Le
rouge
monta
au
front
de
Marcel
Dunot
qui
protesta
:
Ah
!
dites
donc,
monsieur
le
directeur,
je
suis
un
honnête
gar-
çon,
vous
savez
...
Joseph
Honorât,
encore
sous
le
coup
de
la
colère,
s'écria
:
Je
n'en
sais
rien
!
Marcel
Dunot
se
dressa
comme
un
coq
en
colère
:
Dites
donc,
je
vous
vaux
bien
!
Hein,
quoi?
des
insolences?
D'abord,
je
vous
apprendrai,
moi,
à
écouter
aux
portes
!
Ecouter
aux
portes
!
Eh
bien,
elle
est
raide
!
Je
ne
suis
pas
un
mouchard,
moi
!
Si
vous
ne
vouliez
pas
qu'on
vous
entende
vous
rabrouer
le
caquet,
vous
n'aviez
qu'à
ne
pas
crier
si
fort!
Insolent
!
voyou
!
sortez
tout
de
suite
!
Marcel
Dunot
haussa
les
épaules
:
Je
sortirai
quand
j'aurai
fini
mon
travail,
je
n'ai
d'ordres
à
recevoir
ici
que
de
mon
patron,
M.
Gustave
Pordon,
qui
m'a
dit
de
lui
arranger
sa
pendule.
Sortez
!
Non
!
3
^^^HlF-''
Sortez,
je
vous
dis
!
Non
!
reprit
Marcel
Dunot,
très
maître
de
soi.
Joseph
Honorât
s'avança.
C'était,
nous
l'avons
dit,
un
gaillard
taillé
en
hercule,
de
forte
carrure
et
qui
dépassait
de
la
tête
Mar-
cel
Dunot.
Ce
dernier,
cependant,
sans
s'émouvoir,
attendait
ce
que
le
direc-
teur
allait
faire.
Joseph
Honorât
était
dans
un
état
de
fureur
indescriptible.
A
la
rage
d'avoir
été
repoussé
par
Denise
Pordon,
s'ajoutait
l'humiliation
d'avoir
été
surpris
par
le
jeune
ouvrier
dans
cette
posture
peu
reluisante
de
soupirant
honteusement
éconduit.
Les
poings
serrés
de
rage,
il
s'approcha
de
Marcel
Dunot
et
lui
commanda
:
Vide
tes
poches
sur
la
table
!
Le
jeune
ouvrier
rougit
jusqu'au
front
:
De
quoi?
Qu'est-ce
que
vous
dites?
Vide
tes
poches
tout
de
suite
!
Le
jeune
homme
fit
un
violent
effort
pour
se
maîtriser
:
Alors,
vous
me
prenez
pour
un
voleur,
à
présent?
Tu
ne
veux
pas
vider
tes
poches
?
Je
t'y
forcerai
bien
!
Marcel
Dunot
se
campa
:
Ah
!.ça,
non
par
exemple
!
Et
puis
ne
me
touchez
pas
!
Joseph
Honorât,
les
yeux
fulgurants,
s'avança
et
abattit
ses
deux
larges
mains
sur
les
épaules
de
Marcel
Dunot.
Mais
le
jeune
homme
se
dégagea
lestement
et
sauta
à
côté
ou
cousin
de
Denise,
Vaurien!
Ah!
tu
n'as
pas
la
conscience
tranquille;
mais
tu
ne
t'en
iras
pas
sans
que
je
t'aie
fait
avouer.
Marcel
Dunot
se
fâcha
:
Ah
!
ça
va
bien
!
J'en
ai
assez
de
m'entendre
traiter
de
voleur
!
Le
poing
de
Joseph
Honorât
tomba
sur
l'épaule
de
l'ouvrier
mé-
canicien,
et
cette
fois,
le
directeur
avait
mis
une
véritable
violence
dans
le
coup.
Marcel
Dunot
se
sentant
frappé
poussa
un
rugissement
de
fureur
et,
se
retournant
d'un
mouvement
rapidè,
il
tomba
à
bras
raccourcis
sur
son
agresseur.
Mais
ce
dernier,
le
dominant
de
sa
haute
taillé
et
de
son
poids
avait
tout
l'avantage
physique.
Le
jeune
homme
n'avait
guère
dans
son
jeu
que
sa
souplesse
et
sa
vivacité.
Les
poings
du
directeur
de
l'usine
le
frappèrent
comme
des
massues.
Marcel
Dunot
bondissait
de
droite
à
gauche,
cherchant
à
les
éviter.
Mais
Joseph
Honorât,
excité
par
la
rage,
le
martelait
sans
répit
et
sans
lui
laisser
le
temps
de
riposter.
Denise,
blême
comme
une
morte,
totalement
désemparée,
regar-
dait
sans
avoir
la
pensée
de
sonner
pour
appeler
un
domestique.
Marcel
Dunot
n'avait
pu
éviter
la
nrutale
attaque
du
directeur;
la
figure
ensanglantée
et
meurtrie,
il
essayait
de
vaines
parades.
Mais
la
colère
le
rendant
complètement,
insensible
à
ses
blessures
lui
rendit
sa
présence
d'esprit.
Il
renonça
à
parer
et
prit
l'offen-
sive.
Sans
se
soucier
des
coups
qui
l'abîmaient,
il
se
baissa,
se
ramassa
sur
lui-même,
et
détendant
ses
poings,
les
envoya
dans
la
figure
de
Joseph
Honorât.
Et
la
haine
décuplant
sa
vigueur,
des
pieds
et
des
poings,
avec
une
véritable
frénésie,
il
fondit
sur
son
adversaire
qui,
désemparé
à
son
tour
par
la
rapidité
de
ses
coups,
recula
de
deux
pas.
1
Marcel
Dunot,
profitant
du
désarroi
de
Joseph
Honorât,
tondit
de
nouveau
;
d'un
coup
de
poing
dans
le
creux
de
l'estomac,
il
le
fit
chanceler
contre
un
fauteuil,
et
sans
lui
laisser
une
seconde
do
répit,
lui
fit
pleuvoir
une
grêle
de
coups
sur
le
visage
d'où
jaillit
un
ruisseau
de
sang.
Cependant,
Honorât
s'était
ressaisi
et
frappait
à
nouveau
son
adversaire
de
ses
deux
poings
énormes
qui
s'atattaient
sur
le
jeune
homme
avec
un
bruit
sourd.
Mais
Marcel
Dunot
ne
sentait
plus
rien,
ivre
de
fureur
et
de
haine,
comme
une
mécanique
emportée,
sés
pieds
et
ses
poings
grêlaient
sur
Joseph
Honorât
qui,
pris
de
ver-
tige,
allait
s'affaler
à
terre,
quand
M.
Gustave
Pordon
survint.
Le
père
de
Denise
sauta
sur
Marcel
et
le
saisit
aux
deux
épau-.
les.
Mais
le
jeune
homme,
se
dégageant,
fondit
à
nouveau
sur
le
directeur,
le
frappant
maintenant
pour
le
plaisir,
car
Joseph
Hono-.
rat,
anéanti,
ne
répondait
plus.
De
nouveau,
M.
Pordon
saisit
Marcel.
Ce
dernier
se
retourna
pour
se
débarrasser
de
l'importun,
mais
il
rabaissa
vivement
les
poings
quand
il
aperçut
son
«
grand
patron
».
M.
Pordon,
profitant
de
ce
répit,
s'était
glissé
entre
les
deux,
hommes.
Marcel
Dunot,
tout
sanglant,
les
poings
en
arrêt,
les
na-
rines
frémissantes,
beau
de
courage
et
d'indignation,
regardait
Jo-
seph
Honorât,
pitoyable,
affalé
dans
un
fauteuil,
se
tamponnant
péniblement
sa
figure
ruisselante
de
sang.
Tu
es
fou
!
s'écria
M.
Pordon.
D'une
voix
rauque
et
entrecoupée,
Marcel
expliqua
:
J'ai
réglé
le
compte
d'un
lâche
et
d'une
canaille
!
Lire
la
suite
de
cet
émouvant
roman
dans
le
938
IL*'
±*ù
Jr
*-A
/-L
"-A-l
^'X
"
mis
en
vente
le
MARDI
22
OCTOBRE
SCEAUX.
IMP.
CHARA1RE
L'EPATANT
5
RÉSUMÉ
DES
CHAPITRES
PRÉCÉDENTS
Profilant
de
sa
ressemblance
avec
Jasper
Higg,
un
inconnu
a
dérobé
les
documents
relatif
à
la
prodigieuse
invention
du
Français
Dréa
qui
est
assassiné.
Jasper
et
sa
sœur
Ellen
disparaissent
;
le
premier
reste
introuvable
;
la
seconde
est
découverte
à
Paris,
atteinte
dune
sorte
de
lèpre,
par
André
Maurris,
secrétaire
de
Dréa.
On
finit
par
savoir
que
le
voleur
est
une
femme,
Marlha,
sœur
jumelle
de
Jasper,
enlevée
à
'sa
naissance
par
un
ami
de
la
■(mille
Higg,
l'Ecossais
Mac
"Pherson,
parce
qu'elle
porte
un
stig-
'
mate
que
les
superstitions
écossaises
représentent
comme,
une
pré-
destination
au
malheur.
Elle
a
agi
pour
le
compte
de
l'homme
qui
l'a
élevée,
/e
Polonais
Grisiccln,
sorte
de
sombre,
illuminé
qui
pré-
len'd
parvenir
à
la
domination
universelle
et
qui
s'est
réfugié
tau
Maroc.
Une
expédition
secrète
française
est
envoyée
contre
lui;
grâce
à
son
merveilleux
vaisseau
aérien,
il
enlève
plusieurs
mem-
bres
de
la
mission,
mais
il
est
tué
par
André,
puis
sa
retraite
est
prise
par
les
Beni-Mguir
du
caïd
Abdallah
sur
l'instigation
du
lieu-
tenant
Bcrnin.
Marlha.
et
ses
complices
s'enfuient
sur
l'aéronef,
em-
menant
André
qui
met
l'engin
hors
de
service,
au
sommet
du
Djebel-
Arouz,
il
a
atterri.
A
ce
moment,
de
mystérieux
phénomènes
sis-
miqnrs
se
produisent,
et,
finalement,
une
éruption
volcanique
pro-
jette
André
dans
les
airs.
TROISIEME
PARTIE
CHAPITRE
IX
LE
DERNIER
MOT
DE
L
AFFAIRE
HIGG
-
,
La
terre
tremble
!
Malheur
sur
nous,
nous
sommes
maudits
!
Allah
nous
punir
!
Telje
fut
la-
clameur
immense
et
frénétique
qui
monta
du
clan
des
Beni-Mguir
aux
premières
secousses
du
phéno-
œene^
sismique.
Olivier
Bernin
fut
jeté
à
terre
;
il
tenta
de
se
redresser,
mais
une
foule
de
forcenés
passa
sur
lui
en
trombe
:
piétiné,
meurtri,
il
parvint
pourtant
à
se
mettre
sur
ses
jamtes
et
regarda
autour
ne
lui
:
il
aperçut
d'abord
la
masse
compacte
des
Marocains
fuyant
a
toutes
jambes
comme
-atteints
de
folie.
Sa
première
pensée
fut
Pour
Gabriel
et
les
doux
matelots
"restés
dans
le
bâtiment.
Il
les
y
trouva
terrorisés,
eux
aussi,
par
le
tremblement
de
terre.
Le
gamin
blessé
fut
enveloppé
dans
une
Couverture
et
ils
se
nient
en
devoir
de
descendre
le
flanc
du
pic,
aussi
promptement
que
le
leur
permettait
leur
fardeau,
afin
de
parvenir
à
la
vallée,
ou,
le
malin,
les
Marocains
s'étaient
massés
pour
l'attaque.
Chose
imprévue,'
ceux-ci
avaient
cessé
de
s'enfuir
;
ils
étaient
assemblés
dans
la
prairie.
Au
centre,
dan»
un
long
espace
vide,
un
homme
semblait
discourir.
L'offiticr
reconnut
Abdallah
bon
Chergui.
.De
graves
appréhensions
naquirent
instantanément
dans
son
es-
prit,
car
il
était
à
peu
près
certain
que,
dans
le
secret
de
leur
cœur,
Çs
musulmans
imputaient
aux
roumis
et
à
leurs
diaboliques
inven-
tions
la
responsabilité
do
la
catastrophe.
Or,
s'il
n'avait
lui-même
rien
à
craindre,
sans
doute,
protégé
par
son
costume,
il
n'en
était
Pas
de
même
des
deux
matelots
et
de
Gabriel.
Il
fit
donc
arrêter
ses
compagnons
derrière
un
"rocher
et
se
dirigea
vers
les
Maro-
cains.
:
.-
......
Les
suppositions
de
l'officier
n'étaient
que
trop
justes.
Abdallah
oen
Chergui
proclamait
à
ses
coreligionnaires
quetout
ce
qui
ve-
nait
d'arr
)v<fr
ne
procédait
que
de
la
volonté
d'Allah,
lequel
ehteri-
J*"
P.u'nir
ainsi
ses
croyants
d'avoir
toléré
parmi
eux
la
présence
j
/es
infidèles.
Olivier
comprit
"que
le
tremblement
do
terre
avait
si
lort
épouvanté
le
marabout
qiie
son
mince
vernis
de
civilisation
s'en
«ait
effacé
du
coup
et
qu'il
était
revenu
sans
délai
au
fanatisme
.
de
ses
compatriotes.'
.Le
lieutenant
jugea
la
situation
sans
issue.
Il
eût
peut-être
réus-
si
a
se'
lir\r
d'affaire
à
lui
seul,
mais
jamais
il
ne
consentirait
1
séparer
sa
destinée
de
celles
de
Le
Mahu,
de
Miradeau
et
de
uabnel.
Et
si
la
protection
d'Abdallah
se
retirait
d'eux,
cette
des-
'■nce
n'était
que
trop
claire
!
Tout
à
coup,
quelques
cris
éclatèrent
dans
la
multitude,
des
bras
se
tendirent,
désignant
un
point
de
l'horizon.
Toutes
les
têtes
se
tournèrent
dans
la
direction
du
Djebel-Arouz
d'où
s'échappait
un
panache
de
feu.
Les
visages
étaient
pâles
:
et.
contractés
;
le
vent
de
la
panique
soufflait
sur
ces
êtres
frustires.
Soudain,
la
terre
oscilla
de
nouveau,
un
vacàrme
formidable
couvrit
la
clameur
des
Maro-
cains.
C'était
le
début
l'éruption
du
volcan:
En
dix
secondes,
la
.
prairie
fut
vide.
Les
Beni-Mguir
fuyaient
dans
tous
les
sens.
Olivier,
seul,
.
restait
sur
place,
le
cœur
étreint
-
d'un,
indicible
émoi
par
la
contemplation
dés
effroyables
convulsions-
i
alun-lies-.
Un
appel
lointain
l'arracha
à
ses
rêveries
et
il
vit
Le
:Mahu
qui,
d'en
haut;
s'ingéniait
à
attirer
son
attention
par
une
mimique
désor-
donnée.
Les
Beni-Mguir
qui
étaient
demeurés
dans
la
plaine
étaient
morts
ou
mourants.
L'officier
signifia
donc
au
matelot,
du
geste
et
de
la
voix,
de
descendre
;
tandis
qu'ils
obéissaient,
transportant
tou-
jours
Gabriel,
il
s'occupa
de
débarrasser
de
leurs
armes
et
de
leurs
munitions
plusieurs
des
Marocains
inertes.
Lorsque
tous
quatre
fu-
rent
réunis,
Olivier
invita
ses
compagnons
à
se
munir
d'une
L-^nne
carabine
et
d'un
nombre
respectable
de
cartouches,
puis
a
rc.
f
tir
aussi
des
vêtements
d'indigènes,
pour
prévenir
toute
fâcheuse
ren-
contre.
Les
trois
hommes
tinrent
ensuite
un
rapide
conseil.
One
faire?
aller?-
Dans
son
esprit,
Olivier
avajt
déjà
résolu
la
çnestici.
Il
fallait
remonter
vers
le
volcan
et
cela
pour,
deux
motifs
.
MI
soinii
à
l'abri
de
toute
agression,
les
habitants
ayant
quitté
ce
luu.
mardi!
;
ensuite,
oh
se
rapprocherait
des
passes
menant
soit
à
Ft
K*ar
s<
il
à
la
côte.
Tout
désemparés,
les
matelots,
acceptèrent,
.bien
qV
peu
séduits
par
la
perspective
de
côtoyer
le
volcan.
VI
ils
;-!.;iuviiL
A
mesure
qu'ils
avançaient,
une
pluie
de
cendres
i
-in
-'alpablc
tombait
sur
eux,
plus
dense,
et
Olivier
finit
par
estimer
jri
-dtji'l
de
quitter
les
vallées
pour
les
montagnes.
Comme
ils
venaient
d'at-
teinâfre
laborieusement
le
haut
d'une
éminence,
ils
s'arrêtèrent
cloués
par
Tétonnemcnt.
A
cent
mètres,
une
demi-douzaine
de
chevaux
sans
maîtres,
mais
sellés
et
tridés,
broutaient
paisiblement
:.
sans
doute,
avaient-ils
été
laissés
pair
leurs
cavaliers
affolés.
Mais
le?
trois
hommes
voyaient
autre
chose
encore
:
à
deux
cents
métros
.—
Marlha
I
C'est
elle
I
plus
loin
un
objet
de
dimensions
considérables
s'étalait
sur
lo
sol.
Olivier
pâlit
et
prit
le
pas
de
course
pour
s'en
rapprocher
plus
vite.
'
Je
ne
me
trompe
pas,
balbufia-t-il,
c'est
le
navire
aérien.
Alors,
André
...
mon
pauvre
ami?
...
:
'
C'est
avec
un.
horrible
serrement
de
cœur
qu'il
fit
le
tour
de
l'imposant
débris
;
soudain,
il
tressaillit
;
au
ras
de
terre,
une
main
sortait
des
plis
de
l'étoffe
:
quelqu'un
était
emprisonné
sous
l'enve-
loppe.
Le
dégager
fut
la
besogne
de
dix
secondes.
Alors,
en
cet
homme
à
demi
nu,
les
vêtements
déchirés
ou
calcinés,
respirant
à
peine,
le
visage
noirci
ou
tuméfié,
il
reconnut
André
Maurris.
L'ingénieur
fut
immédiatement
transporté
par
ses
amis,
dans
une
cavejrne
toute
proche
ils
lui
donnèrent
les
soins
que
néces-
sitait
son
état.
Il
ne
tarda
pas
à
reprendre
connaissance,
sous
les
yeux
de
ses
fidèles
compagnons.
Lo
soir,
le
lieutenant
Bcrnin,
toujours
dans
ses
vêlements
berbè-
res,
enfourchait
l'un
dos
animaux
que
lo
hasard
avait
fourni
aux
fugitifs
et,
après
d'instantes
recommandations
-et
des
promesses
do
prompt
retour,
il
s'enfonça
dans
l'ombre
grandissante.
Trois
jours,
mornes
et
interminables,
s'écoulèrent
pour
les
quatre
compagnons,
claquemurés
dans
la
cavvrne.
L'état
des
deux
blessés
était,
par
bonheur,
des
plus
satisfaisants.
André
se
sentait
même
si
vaillant,
qu'oubliant
la
.
consigne
de
Bcrnin,
il
proposa
à
Le
Mahu,
le
malin
du
six.èire
jour,
une
promenade
jusqu'au
Djcbel-Arouz,
.définitivement
tv;;!rrs
dan.-;
lo
calme.
L'excursion,
encore
qu
'assez
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